Angel Angoh - Art Therapist

Angel Angoh was born and lives in Mauritius. Trained in Fine Art in London and Paris, she has also studied under the guidance of Claude Rogers in London. She has participated in many international art experimental workshops. Making art is her passion and she expresses herself through the abstract qualities of shape, color, line, form and texture. Intuitive expression is at the core of her art works. Angel is fascinated with the creative process where various shapes and colors are placed next to each other and together they are woven into life. Her paintings combine realistic renderings with abstract trappings, messages, manifold allusions, which stimulate the viewers' perception and imagination to feel and experience the paintings from their own personal perspective. Behind her artworks, there is a lifetime spent drawing, studying and teaching art. Angel is a lecturer in History of Art and for one and half decades she has been working as an art therapist in men's and women's prisons in Mauritius.  

Angel Angoh - Art Therapist

Si Port-Louis a une importance capitale dans la vie d’Angel Angoh c’est d’abord parce qu’elle y est née. Née au champ de Mars, dans l’année du cheval, Angel Angoh est de cette génération de femmes qui a hérité de cette volonté d’avancer et de cette créativité face à la vie. Depuis sa tendre enfance, elle observe inlassablement ce bouillonnement des différents quartiers de Port-Louis et comprend très vite les différentes cultures de la société mauricienne. Sa maison d’enfance est nichée au pied de la Montagne des Signaux en haut du quartier de Tranquebar. A l’image de sa mère qui a cette époque était présidente de la Croix Rouge de Port-Louis et qui était déjà très engagée dans la lutte contre la pauvreté, Angoh ramenait souvent des enfants du quartier de Tranquebar chez elle et pendant des heures ils attendaient la diffusion des programmes de television devant l’image statique de l’identité visuelle de la Mauritius Broadcasting Service sur l’ecran du Telefunkun. Des bols de mine frite circulaient entre les bancs et l’attente était délicieuse. Enfant, sur la route vers China Town où habitait ses grands-parents, lorsqu’elle observait la grande Mosquée de la rue Royal, elle ne cessait de s’émerveiller devant cette grande architecture islamique dont le toit ressemblait à des formes géantes de gâteaux de mariage et qui nourrissait son rêve de pouvoir les gouter un jour. Adolescente, elle parcourt quotidiennement les ruelles qui sillonnent la ville, en passant par le Ward 4 en direction du magasin Eva situé à la rue des Forges que tenait ses parents. C’est là, dans ses déambulations qu’Angel Angoh trace des esquisses dans sa tête. Elle peint les situations du quotidien, la compréhension qu’elle découvre du monde à travers ce foisonnement qu’offre Port-Louis dans ses réalités diverses. Elle passe des heures à observer les vendeurs de tissus de la rue de la Corderie, les mendiants qui s’abritent sous les toits en tôle des boutiques chinoises ou encore s’adonne à imaginer la vie des personnes dont elle voit le reflet derrière les rideaux fleuris des fenêtres. « La ville de Port-Louis est remplie d’êtres, de situations, de mouvements. Cette effervescence de la ville stimule ma créativité et m’invite à la création » va-t-elle dire un peu plus tard. C’est une ville pleine d’histoire qui a su garder son authenticité avec ses maisons coloniales, ses églises, ses temples et mosques, son quartier chinois, sa citadelle et ses marchés artisanaux. C’est aussi la ville du travail, la ville des gens qui tracent leur route à travers leurs petits business. Historienne de l’art, ces couches d’histoire et de culture de la vie de Port-Louis lui parle. Elle développe cet amour pour la conservation de l’héritage culturel du pays et va s’engager dans cette optique en devenant membre de la National Art Gallery, Présidente des Centres de Lecture et d’animations culturelles et Présidente de Malcolm De Chazal Trust Fund. If Port-Louis has a capital importance in the life of Angel Angoh it is first of all because she was born there. Born in the field of Mars, in the year of the horse, Angel Angoh is of this generation of women who inherited this will to move forward and this creativity in the face of life. Since her early childhood, she has tirelessly observed this bubbling of the different districts of Port-Louis and quickly understands the different cultures of Mauritian society. His childhood home is nestled at the foot of the Signal Mountain at the top of the Tranquebar district. Like her mother who at that time was president of the Red Cross of Port-Louis and who was already very committed to the fight against poverty, Angoh often brought children from the Tranquebar district home and for hours they waited for the broadcast of television programs in front of the static image of the visual identity of the Mauritius Broadcasting Service on the screen of the Telefunkun. Bowls of fried mine circulated between the benches and the attente was delicious. As a child, on the way to China Town where her grandparents lived, when she observed the Great Mosque on Royal Street, she never ceased to marvel at this great Islamic architecture whose roof resembled giant shapes of wedding cakes and which nourished her dream of being able to taste them one day. As a teenager, she walks daily through the alleys that crisscross the city, passing through Ward 4 towards the Eva store located on Rue des Forges that her parents held. It is there, in his wanderings, that Angel Angoh draws sketches in his head. She paints everyday situations, the understanding she discovers of the world through this abundance that Port-Louis offers in its diverse realities. She spends hours observing the fabric vendors of the Rue de la Corderie, the beggars who take shelter under the tin roofs of Chinese shops or even devotes herself to imagining the lives of the people whose reflection she sees behind the flowery curtains of the windows. "The city of Port Louis is filled with beings, situations, movements. This effervescence of the city stimulates my creativity and invites me to creation," she said a little later. It is a city full of history that has kept its authenticity with its colonial houses, churches, temples and mosques, Chinatown, citadel and craft markets. It is also the city of work, the city of people who trace their path through their small businesses. Art historian, these layers of history and culture of the life of Port-Louis speak to her. She develops this love for the conservation of the country's cultural heritage and will commit herself to this perspective by becoming a member of the National Art Gallery, President of the Reading and Cultural Animation Centers and President of the Malcolm De Chazal Trust Fund.

Angel Angoh - Art Therapist

Philosophe dans l’âme, il semble que ce monde qui abonde de richesse est une source de réflexion profonde et intime sur la vie en général et sur elle-même en particulier. Cette réflexion et cette recherche sur le sens de la vie, elle l’exprime à travers ses tableaux. Ils sont le reflet de son cheminement, de sa vision d’un monde qui oscille entre l’ombre et la lumière, entre la misère et l’abondance, entre le chaos et la paix. A travers (l’abstraction de ?) ses œuvres, on peut retrouver des traces de bâtiments, de pagodes, de lumières qui s’allument puis s’éteignent, entendre des chuchotements de la foule ou encore un bruit de la ville qui claque. Sa passion pour l’art est née de cette passion qu’elle a pour la vie. L’enfance d’Angel Angoh s’est vue accompagnée d’une multitude d’histoires, de mythes et de légendes de la culture chinoise, où tortues, tigres, dragons et phœnix offraient leur danse sur les paroles de son père, qui connecté à l’esprit de la nature, nourrissait chez elle un éveil de la conscience sur l’Univers. Immigré, venant de Chine, le père d’Angel Angoh était un philosophe né. Défenseur du plus grand fondateur de la philosophie chinoise, Confucius, il a exercé une influence très marquée sur sa fille. En effet, ce sens de l’observation et ce regard à la fois analytique, bienveillant et spirituel sur le monde, elle le reçoit en héritage. Travailleur acharné, comme beaucoup de boutiquiers de cette époque, il tenait avec sa femme le magasin Eva situé avant Pleine Verte à la rue Desforges ; une boutique raffinée qui offrait une panoplie de tissus plus beaux les uns que les autres. Dans cet univers, entre la soie de chine, l’étamine de l’Inde, les kilomètres de fils pour crochet et les robes de mariée de Paris, Angoh développe un gout pour l’esthétisme et comprend petit à petit la notion du travail. Sur la mezzanine du magasin, était posé l’atelier de sa mère. Dans cet espace, des heures durant qui s’étalaient bien souvent sur des nuits blanches, cette dernière confectionnait des vêtements commandés la veille. En observant ses parents, Angel Angoh s’imprégnait de leur réalité : celle d’une vie simple et difficile et en même temps, celle d’une vie tellement abondante. En même temps, la réalité pouvait être dure et en même temps ; c’était ça le bonheur. Elle trouvait du bonheur dans ces images de courage et observait ce même courage chez tous les habitants de Port-Louis qui continuaient quotidiennement à honorer leur travail. C’était une époque où les gens manquaient de l’argent, travaillaient dur mais ne savaient pas qu’ils étaient pauvres. Diplômée en Art à l’Université de Londres, elle a été l’élève du célèbre artiste anglais Claude Rogers, professeur à la Slade School of Art. Elle est une artiste plasticienne, professeur d’art et professeur d’Histoire de l’Art à temps partiel au FDI Universitê de Technologie Elle est détentrice d’une maitrise en leadership et est très investie dans le monitoring de l’éducation artistique à l’ile Maurice. Elle a participé à de nombreuses expositions de groupe tant au plan national qu’international et a réalisé des expositions en solo dans différents pays du monde. En 2017, elle a été invitée à Shiraz en Iran par La « Mofarahi Art Institute » pour exposer ses travaux en solo et parler à la fois de l’art à Maurice et des artistes mauriciens. Ses œuvres ont été choisies pour la sixième Biennale d’art de Bejing. A philosopher at heart, it seems that this world that abounds in wealth is a source of deep and intimate reflection on life in general and on itself in particular. This reflection and this research on the meaning of life, she expresses it through her paintings. They are a reflection of his journey, of his vision of a world that oscillates between shadow and light, between misery and abundance, between chaos and peace. Through (the abstraction of?) his works, we can find traces of buildings, pagodas, lights that turn on and then off, hear whispers of the crowd or a sound of the city slamming. Her passion for art was born from this passion she has for life. Angel Angoh's childhood was accompanied by a multitude of stories, myths and legends of Chinese culture, where turtles, tigers, dragons and phoenixes offered their dance to the words of her father, who connected to the spirit of nature, nourished in her an awakening of consciousness on the Universe. An immigrant from China, Angel Angoh's father was a born philosopher. Defender of the greatest founder of Chinese philosophy, Confucius, he exerted a very marked influence on his daughter. Indeed, this sense of observation and this analytical, benevolent and spiritual look at the world, she receives as a legacy. A hard worker, like many shopkeepers of that time, he ran with his wife the Eva store located before Pleine Verte on Desforges Street; a refined shop that offered a panoply of fabrics more beautiful than the others. In this universe, between the silk of China, the cheesecloth of India, the kilometers of crochet threads and the wedding dresses of Paris, Angoh develops a taste for aesthetics and gradually understands the notion of work. On the mezzanine of the store, was placed the workshop of his mother. In this space, for hours that often spread over sleepless nights, the latter made clothes ordered the day before. Observing his parents, Angel Angoh immersed himself in their reality: that of a simple and difficult life and at the same time, that of such an abundant life. At the same time, the reality could be harsh and at the same time; that was happiness. She found happiness in these images of courage and observed this same courage in all the inhabitants of Port Louis who continued daily to honor their work. It was a time when people ran out of money, worked hard but didn't know they were poor. Graduated in Art at the University of London, she was a pupil of the famous English artist Claude Rogers, professor at the Slade School of Art. She is a visual artist, art teacher and part-time professor of Art History at fdi Universitê de Technologie She holds a master's degree in leadership and is very invested in monitoring art education in Mauritius. She has participated in numerous group exhibitions both nationally and internationally and has held solo exhibitions in different countries of the world. In 2017, she was invited to Shiraz in Iran by the Mofarahi Art Institute to exhibit her solo work and talk about both art in Mauritius and Mauritian artists. Her works were chosen for the sixth Bejing Art Biennial.

Angel Angoh - Art Therapist

Angoh fait partie des artistes a expression indiaoceanique. En 2019 elle est nominée et reçoit la medaille d’excellence de peinture au prestigieux Arta Indiaoceanika Outstanding Art Achievement Awards. Dans la même année, l’une de ses dernières interventions à l’extérieur du pays était à Moscou, à l’occasion de l’International Women Art Symposium. Elle y a présenté un exposé sur le pouvoir transformateur de l’art, basé sur des annees d’expérience en tant qu’artiste mais aussi en tant que travailleur social qui a utilisé l’art comme outil de réhabilitation dans les prisons à Maurice et a œuvré sans relâche avec les femmes détenues depuis 1999. En effet, c'est lors d'un voyage à New York qu'elle découvre véritablement ce qu'est l'Art Thérapie en faisant elle-même l'objet de plusieurs séances. Très vite, elle est prise par le pouvoir de cet outil en prenant conscience de l’impact que ses propres dessins pouvaient avoir sur elle-même. Angel Angoh découvre à quel point l'art peut apporter une grande sérénité dans la vie des gens. Les paroles ne suffisent pas toujours pour se dévoiler ; les couleurs, les formes, les lignes, la vibration du son ou le mouvement peuvent être de merveilleux catalyseurs pour libérer ses émotions. Les vertus de l’art sont nombreuses, il est un moyen de communication plus accessible pour ceux qui rencontrent des difficultés à s’exprimer, il s’inscrit dans le moment présent de la création où l’individu peut s’exprimer de manière spontanée, Derrière ses œuvres d’art, c’est tout un cheminement de vie qui a toujours eu un rapport à l’art qu’Angel Angoh entretient quotidiennement à travers ses peintures, ses études, son enseignement et dans toutes les actions de son parcours de vie. Ses tableaux expriment la relation de l’homme à la nature et à l’univers. La compréhension de l’homme face à lui-même et aux autres. Dans cette quête, elle peint l’ambiguïté de la vie. Pour Angoh, c’est en avançant vers la compréhension et l’acceptation du chaos que l’ordre et la paix ont la possibilité de s’installer. Ses travaux sont l’expression de sa propre expérience du monde et de ses interactions avec les autres. Angoh a également joué un rôle important dans l’éducation à Maurice. Elle a été le chef de département d’art et de design au Collège de St Mary’s . Elle est aujourd’hui Présidente du « Malcolm De Chazal Trust fund » et membre de la National Art Gallery. Même si la peinture est son art principale, artiste dans l’âme, Angel Angoh a toujours accordé une grande place à l’écriture, la musique, la danse et le théâtre dans sa vie. Très jeune, elle fait partie de chorale de la cathédrale de Port-Louis. La plus vieille cathédrale de l’Ile qui fut construite en 1752 et qui a connu par la suite de nombreuses rénovations. Face à la Cour Commerciale, ce beau bâtiment de pierre offrait de nombreux concerts d’artistes locaux et internationaux lors de la Pâques et des fêtes de Noel aux habitants de la capitale. Un peu après, elle s’adonne régulièrement à la pratique de la danse et du théâtre et s’exprime à plusieurs reprises, cette fois, sur les devants de la scène du fameux théâtre de Port-Louis, qui à cette époque était le cœur même de la vie culturelle. En 1969, elle est danseuse dans la célèbre pièce de Max Moutia avec Henry Wilden dans « Le Pays du sourire ». Adolescente, elle a participé pendant plusieurs années aux festivals de théâtre de la jeunesse. ( A expliquer,plus en details cet événement tant attendu chaque annee) Elle n’aimait pas les répétitions, c’est sous les feux des projecteurs, en contact avec le parquet qui grince, et en la présence du public qu’Angel Angoh excelle dans ses interprétations. Encore une fois, libre des stéréotypes et des cadres de conduite qu’on s’afflige, c’est dans le moment instantané de la création qu’elle trouve en elle, la ligne directe vers l’authenticité la plus brute des personnages qu’elle incarne. Des périodes et des cycles sur sa créativité se succèdent mais toujours ce foisonnement constant d’inspiration et de création. Angoh is one of the artists with Indian expression. In 2019 she was nominated and received the medal of excellence in painting at the prestigious Arta Indiaoceanika Outstanding Art Achievement Awards. In the same year, one of her last interventions outside the country was in Moscow, on the occasion of the International Women Art Symposium. She gave a presentation on the transformative power of art, based on years of experience as an artist but also as a social worker who has used art as a tool for rehabilitation in prisons in Mauritius and has worked tirelessly with women prisoners since 1999. Indeed, it was during a trip to New York that she truly discovered what Art Therapy is by being the subject of several sessions herself. Very quickly, she is taken by the power of this tool by becoming aware of the impact that her own drawings could have on herself. Angel Angoh discovers how art can bring great serenity into people's lives. Words are not always enough to reveal themselves; colors, shapes, lines, the vibration of sound or movement can be wonderful catalysts to release emotions. The virtues of art are numerous, it is a more accessible means of communication for those who encounter difficulties in expressing themselves, it is part of the present moment of creation where the individual can express himself spontaneously, Behind his works of art, it is a whole journey of life that has always had a relationship with art that Angel Angoh maintains daily through his paintings, his studies, his teaching and in all the actions of his life course. His paintings express man's relationship to nature and the universe. Man's understanding of himself and others. In this quest, she paints the ambiguity of life. For Angoh, it is by moving towards understanding and accepting chaos that order and peace have the opportunity to take hold. His work is an expression of his own experience of the world and his interactions with others. Angoh has also played an important role in education in Mauritius. She was the Head of the Department of Art and Design at St Mary's College. She is now President of the Malcolm De Chazal Trust Fund and a member of the National Art Gallery. Even though painting is his main art, artist at heart, Angel Angoh has always given a great place to writing, music, dance and theater in his life. At a very young age, she was a member of the choir of Port Louis Cathedral. The oldest cathedral on the island which was built in 1752 and which has subsequently undergone many renovations. Facing the Commercial Court, this beautiful stone building offered many concerts by local and international artists during Easter and Christmas to the inhabitants of the capital. A little later, she regularly devoted herself to the practice of dance and theater and spoke several times, this time on the front of the stage of the famous Theater of Port-Louis, which at that time was the very heart of cultural life. In 1969, she was a dancer in Max Moutia's famous play with Henry Wilden in "The Land of Smiles". As a teenager, she participated for several years in youth theatre festivals. (To explain, in more detail this long-awaited event every year) She did not like rehearsals, it is in the spotlight, in contact with the squeaky parquet floor, and in the presence of the public that Angel Angoh excels in her interpretations. Once again, free from the stereotypes and frameworks of conduct that we grieve, it is in the instant moment of creation that she finds in her, the direct line to the most raw authenticity of the characters she embodies. Periods and cycles on his creativity follow one another but always this constant abundance of inspiration and creation.

Angel Angoh - Art Therapist

A ecrire • UNE OU DEUX PHRASES SUR L’ECRITURE • La Montagne des Signaux Enfant, tous les soirs, avant d’aller dormir, Angoh aimait regardait des livres d’art. Dans ses livres, elle pouvait laisser vagabonder son imagination et rêvait de rencontrer certains des personnages qui l’attirait et l’émerveillait. Parmi eux, le personnage de Moïse souvent montré en haut du mont Sinaï, la fascinait. Elle admirait les tableaux peints de Moïse dans toute sa splendeur, et se cachait souvent sous ses draps avec une petite lampe torche pour continuer à lire jusqu’à fort tard. Un matin, à l’aube, alors qu’elle n’avait que 7 ans, Angel Angoh sort de son lit avec la conviction qu’elle allait rencontrer Moïse, non pas sur le mont Sinaï mais en haut de la Montagne des Signaux, qui pour elle était la plus belle des montagnes. Sans prévenir, elle s’enfuit alors de sa chambre et commence l’ascension vers le sommet. Angoh a toujours eu cette détermination, cette passion et ces convictions qui l’encourage toujours à aller jusqu’au bout des choses. Elle a même cité cette anecdote, de nombreuses années après, lors de l’ouverture de son vernissage à Allied Motors en (date et année) devant le regard attentif de sa mère pour souligner toute la ferveur qu’elle avait hérité de cette dernière. Elle raconte comment elle passait presque tout son temps au haut de cette montagne, grimpant et redescendant inlassablement les sentiers remplis d’acacias. En observant le sourire du coin des lèvres de sa mère, nous comprenons tout de suite comment ses parents ont compris et nourris sa créativité et son art. « Au pied de la Montagne des Signaux, on etait un groupe d’adolescents qui chantait El Condor Pasa en rêvant à la construction d’un monde meilleur » dit Angel Angoh. Cet édifice qui se dresse face à la ville a marqué son existence, dès son plus jeune âge. Nichée à la Rue Indépendance, non loin de Marie Reine de La Paix ou de la Rue Labourdonnais, sa maison d’enfance était le point de départ de la randonnée vers le sommet. En haut, elle contemplait le Port et ressentait une grande fierté d’appartenir à son île, à son pays. Elle récitait alors dans sa tête ce que son professeur de géographie lui avait toujours appris : l’ile Maurice, l’étoile et la clé de l’Océan Indien. C’était son lieu de culte, un espace en contraste avec la ville où le temps s’arrête laissant place à la rêverie, au silence et à la création. Aujourd’hui, elle y a fait en quelque sorte son lieu d’écriture, d’inspiration car toujours avec le même enthousiasme elle s’y adonne régulièrement pour rédiger au sommet le journal mensuel de l’ONG Carpe Diem. Dans les peintures d’Angoh, on retrouve également de nombreux reliefs, des formes de montagne qui s’apparentent à celle-ci cherchant à exprimer la relation claustrophobique qu’elle entretient avec la beauté du paysage. Angoh aime peindre cette force de la nature qui domine, ce regard de haut sur les terrasses descendantes de la vie. Elle aime percer le secret de la Montagne et la dessiner afin de révéler aux autres les sentiments qu’elle lui procure. Ces montagnes qui entourent la ville de Port-Louis sont constamment dans ses œuvres, dans sa pensée. La contribution d’Angel Angoh en tant qu’artiste, à la ville de Port-Louis se présente de manières diverses car l’artiste elle-même, tout en restant dans le même domaine, joue des rôles différents. • Contribution d’Angel Angoh à la ville de Port-Louis en tant que professionnel de l’Art et artiste engagée Angel Angoh a été et l’est toujours, un catalyseur dans le monde de l’art et à initier de nombreux échanges entre artistes dans la ville de Port-Louis. Elle est membre de la National Art Gallery, participe a l’organisation des événements d’art . Présidente du Malcolm De Chazal Trust Fund, il lui a été attribué la grande responsabilité de faire vivre la mémoire du plus grand artiste de l’ile, Malcolm de Chazal. Pour cela, elle a pour mission de promouvoir ses aphorismes, ses écrits, susciter l’intérêt des jeunes dans la préservation du patrimoine culturel de l’ile, encourager la créativité du génie mauricien dans le domaine de la philosophie, la littérature, la poésie et la peinture. A l’image de Malcolm De Chazal, avait coutume de trainer dans les rues de Port-Louis, Angel Angoh instaure avec l’équipe du Ministère le projet « Malcolm dans les rues de Port-Louis ». qui est maintenent devenu un projet annuel de la fondation Malcolm de Chazal. Dans ce projet, les étudiants en histoire de l’art, font entrecroiser le passé et le présent. Ils partent à la rencontre du public pour parler du personnage historique de Malcolm De Chazal, de ses écrits et de ses peintures. Ils invitent la population à se poser des questions sur ce personnage clé de notre culture et sur l’art en général. To write • ONE OR TWO SENTENCES ABOUT SCRIPTURE • The Mountain of Signals As a child, every night before going to sleep, Angoh liked to look at art books. In her books, she could let her imagination wander and dreamed of meeting some of the characters who attracted and amazed her. Among them, the character of Moses often shown at the top of Mount Sinai, fascinated her. She admired the painted paintings of Moses in all its glory, and often hid under her sheets with a small flashlight to continue reading until very late. One morning, at dawn, when she was only 7 years old, Angel Angoh came out of bed with the conviction that she was going to meet Moses, not on Mount Sinai but at the top of the Mountain of Signals, which for her was the most beautiful of the mountains. Without warning, she then flees from her room and begins the ascent to the top. Angoh has always had this determination, passion and convictions that always encourages him to go all the way. She even quoted this anecdote, many years later, at the opening of her opening at Allied Motors in (date and year) in front of the attentive gaze of her mother to emphasize all the fervor she had inherited from the latter. She recounts how she spent almost all her time at the top of this mountain, tirelessly climbing and descending the acacia-filled trails. By observing the smile from the corner of his mother's lips, we immediately understand how his parents understood and nurtured his creativity and art. "At the foot of the Mountain of Signals, we were a group of teenagers who sang El Condor Pasa dreaming of building a better world," says Angel Angoh. This building, which stands in front of the city, has marked its existence from an early age. Nestled at Rue Indépendance, not far from Marie Reine de La Paix or Rue Labourdonnais, her childhood home was the starting point for the hike to the top. At the top, she contemplated the Port and felt a great pride in belonging to her island, to her country. She then recited in her head what her geography teacher had always taught her: Mauritius, the star and the key to the Indian Ocean. It was his place of worship, a space in contrast to the city where time stops giving way to reverie, silence and creation. Today, she has made it her place of writing, of inspiration because always with the same enthusiasm she devotes herself there regularly to write at the top the monthly newspaper of the NGO Carpe Diem. In Angoh's paintings, we also find many reliefs, mountain forms that are similar to this one seeking to express the claustrophobic relationship she has with the beauty of the landscape. Angoh likes to paint this force of nature that dominates, this look from above on the terraces descending from life. She likes to unravel the secret of the Mountain and draw it in order to reveal to others the feelings it gives her. These mountains that surround the city of Port Louis are constantly in his works, in his thought. Angel Angoh's contribution as an artist to the city of Port Louis comes in different ways because the artist herself, while remaining in the same field, plays different roles. • Contribution of Angel Angoh to the city of Port Louis as an art professional and committed artist Angel Angoh has been and still is, a catalyst in the art world and to initiate many exchanges between artists in the city of Port Louis. She is a member of the National Art Gallery, participates in the organization of art events. President of the Malcolm De Chazal Trust Fund, she was given the great responsibility of keeping alive the memory of the greatest artist of the island, Malcolm de Chazal. For this, its mission is to promote its aphorisms, its writings, arouse the interest of young people in the preservation of the cultural heritage of the island, encourage the creativity of the Mauritian genius in the field of philosophy, literature, poetry and painting. Like Malcolm De Chazal, he used to hang out in the streets of Port-Louis, Angel Angoh and the Ministry's team set up the "Malcolm in the streets of Port Louis" project. which has now become an annual project of the Malcolm de Chazal Foundation. In this project, art history students intersect the past and the present. They go to meet the public to talk about the historical character of Malcolm De Chazal, his writings and his paintings. They invite the population to ask questions about this key figure in our culture and about art in general.

Angel Angoh - Art Therapist

A travers ce projet, l’art devient accessible à tous les passants de la ville quel que soit leur mode de vie. Port-Louis prend alors une autre dimension que celle d’un lieu de travail. Elle se veut créative. Elle devient un théâtre urbain qui met en scène, ses propres habitants. • Contribution d’Angel Angoh à la ville de Port-Louis en tant que travailleur social et artiste. L’art au service de la communauté. Depuis 1999, Angoh introduit l’art comme outil de réhabilitation dans les prisons. Depuis, elle intervient régulièremen dans les établissements pénitentiaires de l’île. Privilégiant la collaboration et le bouillonnement, elle a su rallier d’autres artistes et personnes volontaires autour de ce projet. En 2015 elle fonde l’ONG Carpe Diem dont elle est la présidente. Une ONG qui a pour but d’utiliser les bienfaits de l’art au service des communautés en difficultés. Elle convertit alors sa maison d’enfance - située au pied de la montagne des Signaux, - en un centre d’art où artistes, étudiants, esprits créatifs et bénéficiaires des communautés vulnérables peuvent se rencontrer, échanger et avancer ensemble dans un cheminement de découverte de soi. Dans cet espace d’inspiration, Angoh accompagne tout un groupe de femmes bénéficiaires d’un des quartiers défavorisés de Port-Louis, celui de Tranquebar. Ces femmes découvrent des techniques d’art, font de l’artisanat et apprennent à mieux se connaitre grâce à l’art en temps que therapie. Elles deviennent plus conscientes de leurs émotions et arrivent en les transformant à mieux prendre en main leur chemin de vie. "Toute ma vie, je n’ai cessé d’observer la capacité de l’art à transformer les individus de Dans la même optique, en décembre 2020, à Port-Louis, elle présente au public, une exposition des travaux de ces femmes bénéficiaires du quartier de Tranquebar, ceux des œuvres des femmes détenues de la Prisons de Beau-Bassin et de quelques artistes membres de l’ONG Carpe Diem. Angoh fait appel au curateur Julian Ratinon et a travers cette exposition qui s’intitulait « Ourselves Our cells », Ratinon et Angoh donne une voix à ces femmes derrière les barreaux, à celles qui connaissent des conditions difficiles et interpelle le public sur cette réalité. L’art a ce pouvoir de donner la parole à des communautés souvent peu considérées et l’artiste à le rôle d’ouvrir le dialogue. Dans ce dialogue, des discussions sur le rôle de la femme dans la socièté, des échanges sur l’importance de l’art dans la vie des gens ou encore des questionnements sur notre place et nos actions face à un monde très souvent sombre, peuvent émerger. C’est en créant une sorte de miroir les uns pour les autres, qu’Angel Angoh apporte certainement sa contribution la plus précieuse. • Angel Angoh artiste plasticienne L’Art pour rester en vie En tant qu’artiste plasticienne, Angel Angoh a présenté avec le soutien du ministère des Arts et de la Culture, le Ministère du Tourisme et la Chambre de Commerce Chinoise une exposition de ses œuvres dans un lieu culte de la capitale : Le Fort Adelaïde connu du public par la Citadelle. Ce lieu remplie d’histoire résonne dans le cœur de cette historienne de l’art conservatrice et respectueuse de la mémoire du pays. Cette exposition était en duo avec un artiste international venu de Chine et s’intitulait « Connections ». Le temps d’une soirée, le Fort Adelaïde a repris vie. Ses salles fermées depuis des lustres retrouvent de la lumière et sur ses murs en pierres imprégnées des vestiges du passé, les tableaux des deux artistes engagés, jouent une symphonie pure et pleine de vérité. En ce sens, l’artiste a le pouvoir de réveiller les morts car si les canons de la Citadelle semblaient à nouveau prêts à mettre le feu, la ville entière de Port-Louis devient un cadre artistique porteuse de magie, d’imaginaire et pleines de qualités. Angel Angoh, à travers ses œuvres, nous invite à se balader, comme dans les recoins des villes, derrière les traces de ses coups de pinceaux pour y découvrir tout un monde qui grouille de vie, des scènes éphémères du quotidien qui apparaissent puis disparaissent, un monde urbain qui se mélange avec les éléments de la nature en suspension, la présence des montagnes qui entourent la ville, invitant chacun de nous à trouver notre place dans la société et la place de l’homme dans l’univers. Ce thème abordé de la ville de Port-Louis dans la vie des artistes ne peut que faire écho dans le cœur d’Angel Angoh. Lieu de vie depuis sa tendre enfance, Port-Louis est devenu pour l’artiste à la fois un lieu de mémoire qui laisse encore paraître quelques empreintes de ses parents, et une pièce de théâtre qui continue à nourrir sa curiosité et sa créativité. Ville riche en couleur et pleines de contrastes, Port-Louis est une ville où la place de l’art se trouve hors des murs. Omniprésente, elle se trouve à la fois dans le sourire des marchands de boulettes, dans les vielles portes des boutiques abandonnées, dans l’imposante mélodie des bateaux du Port, ou encore dans la couleur du ciel que nous invite à regarder les buildings . Angel Angoh a jonglé avec toute cette diversité depuis toujours. Engageé pour sa patrie, ambassadrice dans l’âme de sa ville natale, et passionnée d’art, elle a su à travers ses qualités d’artiste, de leader, de travailleuse sociale apporter sa pierre à l’édifice de cette grande ville qui a su garder son essence malgré le temps qui passe. Sa contribution et son investissement dans l’art n’est plus à définir. Elle a trouvé sa voie et aide les autres à travers l’art à trouver la leur. Chercheuse, Angel Angoh continue son chemin à observer les traces que la vie laisse sur l’humain et les pose inlassablement sur sa toile. « Je poursuis cette quëte éternelle du sens de la vie, que je défais et remanie, modèle et remodêle sans cesse pour se rapprocher dune véritê fuyante qui ne cesse de se deplacer, une vérité qui sans doute je ne toucherai q’une couche « . Through this project, art becomes accessible to all passers-by in the city regardless of their way of life. Port Louis then takes on another dimension than that of a workplace. She wants to be creative. It becomes an urban theater that stages its own inhabitants. • Angel Angoh's contribution to the city of Port Louis as a social worker and artist. Art at the service of the community. Since 1999, Angoh has been introducing art as a tool for rehabilitation in prisons. Since then, she has been regularly involved in the island's penitentiary institutions. Favoring collaboration and bubbling, she was able to rally other artists and volunteers around this project. In 2015 she founded the NGO Carpe Diem of which she is the president. An NGO that aims to use the benefits of art to serve communities in difficulty. She then converted her childhood home - located at the foot of the Montagne des Signalaux, - into an art center where artists, students, creative minds and beneficiaries of vulnerable communities can meet, exchange and move forward together in a journey of self-discovery. In this space of inspiration, Angoh accompanies a whole group of women beneficiaries from one of the disadvantaged neighborhoods of Port-Louis, that of Tranquebar. These women discover art techniques, make crafts and get to know each other better through art as a therapy. They become more aware of their emotions and, by transforming them, to better take charge of their life path. "All my life, I have never ceased to observe the ability of art to transform individuals from In the same vein, in December 2020, in Port-Louis, she presents to the public, an exhibition of the works of these women beneficiaries of the Tranquebar district, those of the works of the women prisoners of the Prisons of Beau-Bassin and some artists members of the NGO Carpe Diem. Angoh appeals to the curator Julian Ratinon and through this exhibition entitled "Ourselves Our cells", Ratinon and Angoh gives a voice to these women behind bars, to those who are experiencing difficult conditions and challenges the public on this reality. Art has the power to give voice to communities that are often little considered and the artist has the role of opening dialogue. In this dialogue, discussions on the role of women in society, exchanges on the importance of art in people's lives or questions about our place and our actions in the face of a very often dark world, can emerge. It is by creating a kind of mirror for each other, that Angel Angoh certainly makes his most valuable contribution. • Angel Angoh visual artist Art to stay alive As a visual artist, Angel Angoh presented with the support of the Ministry of Arts and Culture, the Ministry of Tourism and the Chinese Chamber of Commerce an exhibition of his works in a cult place in the capital: Fort Adelaide known to the public by the Citadel. This place filled with history resonates in the heart of this historian of art conservative and respectful of the memory of the country. This exhibition was in duet with an international artist from China and was entitled "Connections". For one evening, Fort Adelaide came back to life. Its rooms closed for ages find light and on its stone walls impregnated with the vestiges of the past, the paintings of the two committed artists, play a pure symphony and full of truth. In this sense, the artist has the power to awaken the dead because if the cannons of the Citadel seemed ready to set fire again, the entire city of Port-Louis becomes an artistic setting carrying magic, imagination and full of qualities. Angel Angoh, through his works, invites us to walk, as in the corners of cities, behind the traces of his brushstrokes to discover a whole world teeming with life, ephemeral scenes of everyday life that appear and then disappear, an urban world that mixes with the elements of nature in suspension, the presence of the mountains that surround the city, inviting each of us to find our place in society and the place of man in the universe. This theme of the city of Port Louis in the lives of artists can only echo in the heart of Angel Angoh. A place of life since his early childhood, Port-Louis has become for the artist both a place of memory that still reveals some imprints of his parents, and a play that continues to feed his curiosity and creativity. A city rich in color and full of contrasts, Port Louis is a city where the place of art is outside the walls. Omnipresent, it is found both in the smile of the dumpling merchants, in the old doors of abandoned shops, in the imposing melody of the boats of the Port, or in the color of the sky that invites us to look at the buildings. Angel Angoh has always juggled all this diversity. Committed to her homeland, ambassador in the soul of her hometown, and passionate about art, she knew through her qualities as an artist, leader, social worker to contribute to the edifice of this great city that has kept its essence despite the passage of time. Her contribution and investment in art is no longer to be defined. She has found her way and helps others through art to find theirs. Researcher, Angel Angoh continues her journey to observe the traces that life leaves on the human and tirelessly puts them on his canvas. "I pursue this eternal quest for the meaning of life, which I undo and rework, model and constantly remodel to get closer to a fleeting truth that never ceases to move, a truth that will undoubtedly touch only a layer".